
Brooklyn Suite
Concert: 8 janvier, Salle Cortot
Sortie: 16 janvier, Harmonia Mundi
Audio
Argument
Alors que la maison résonne encore des bruits de vaisselle à l’issue d’un grand repas de famille, mon grand- oncle Leo déambule et s’installe au piano qui trône dans le salon. Il commence à jouer l’introduction du trio avec clarinette de Brahms, tandis que le reste de la famille se saisit de ses instruments pour se joindre à lui.
​C’est ainsi que commence une soirée typique de la maison à Jackson Heights, dans le Queens, soirée qui se poursuit jusqu’aux petites heures de la nuit, avec un répertoire d’une variété étourdissante : opérette yiddish, musique de chambre romantique, lieder et mélodies, piano stride, chœurs d’opéra, Gershwin et Berlin, airs de Tin pan alley ou de comédies
musicales.
Aucun membre de la famille n’était musicien professionnel, à l’exception d’Oncle Leo et de Willy qui jouaient la nuit du jazz et du stride dans des bar clandestins pendant la prohibition, se cachant derrière leur piano droit quand la police faisait une descente. Cependant, la musique faisait partie intégrante de la vie de tous et ces soirées permettaient peut-être de se ressourcer tout en résolvant les dissonances d’une vie d’immigrants juifs d’Europe de l’est dans un nouveau monde.
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Ce projet me vient comme un rêve, une soirée imaginaire avec ma famille et mes aïeux. J’ai choisi un répertoire qui s’inspire de témoignages directs de cousins ayant assisté à ces séances et qui va jusqu’aux chansons de mon père, Matthew Wilder, sur une trajectoire montrant la diversité des contributions si importantes que les immigrants juifs, d’Europe de
l’est ou d’Allemagne, ainsi que leurs enfants, ont apporté à l’« American Sound ».